L’ACTUALITE ECONOMIE & BUSINESS DE LA GRECE

Par EuroPartenaire Business Developers – T1 2026

 

LE TOURNANT GREC

 

Selon une réflexion humoristique d’un bon collègue, qui s’active en Irlande, la Grèce et Eire se voient invités au salon de l’UE après avoir passé des années aux toilettes de l’Europe. Cette métaphore bien imagée nous offre le prétexte de partager la lecture de l’article suivant de Kostas Stoupas, qui résume de manière très lucide cette nouvelle situation de l’économie hellénique.

L’implication coréenne dans les chantiers navals d’Éleusis, avec la création d’une unité de production d’équipements ferroviaires, n’est pas un coup de théâtre. Elle constitue une pièce supplémentaire d’un puzzle qui, peu à peu, montre que la Grèce tente de reconstruire une base productive qui avait quasiment disparu. Pendant des décennies, le pays a vécu dans l’illusion que les services, le tourisme, les fonds et les subventions suffisaient à le maintenir à flot. La désindustrialisation n’était pas un accident, mais un choix délibéré.

Aujourd’hui, un lent mais perceptible renversement de situation se dessine. Sur le plan institutionnel, le Comité interministériel des investissements stratégiques commence à afficher des résultats tangibles. Sur les approbations récentes, totalisant 206,8 millions d’euros, les deux tiers concernent l’industrie et la production manufacturière. Au total, 9 des 18 investissements de l’année dernière sont destinés à la production, et non à l’hôtellerie ou à la logistique. Il ne s’agit pas de quantité, mais de qualité : le pays commence à comprendre que sans usines, il n’y a pas d’avenir, si ce n’est celui du tourisme de masse et des locations Airbnb.

Les exemples sont révélateurs. SUNLIGHT se développe dans le stockage d’énergie pour les industries et l’exportation. ALUMIL investit dans de nouvelles lignes de production, l’automatisation et les économies d’énergie – une stratégie classique dans un secteur qui, s’il ne gagne pas en efficacité, est voué à disparaître. PHARMATHEN poursuit la construction de ses unités de production ; l’industrie pharmaceutique demeure le pilier le plus sérieux et le plus tourné vers l’extérieur, ce qui illustre parfaitement ce que signifie la compétitivité. Ce tableau est complété par d’importants projets dans les domaines de l’énergie, des interconnexions, des métaux critiques et des médicaments. Si l’on ajoute les investissements étrangers dans des projets verts à faible émission de carbone, on obtient un ensemble qui ne constitue pas encore une industrialisation à grande échelle, mais qui reflète un changement net : d’une économie basée sur la consommation de ce que l’on importe à une économie basée sur la production et la vente.

Les données le confirment. L’indice de la production industrielle est en hausse – en septembre 2025, une augmentation annuelle de 6,8 % a été enregistrée. L’élément crucial est qu’il ne s’agit pas uniquement de consommation : la production de biens d’équipement augmente également, c’est-à-dire les investissements dans les machines et les équipements (…). L’industrie de la défense prend également une importance particulière. Avec un programme de 25 milliards d’euros sur 12 ans, la stratégie européenne d’autonomie et les pressions géopolitiques favorisent la participation nationale, les coproductions et le transfert de savoir-faire. Il ne s’agit pas de patriotisme, mais d’une nécessité.

Bien sûr, il ne faut pas se faire d’illusions. L’industrie représente toujours 8,7 % du PIB, contre 14 % en moyenne dans l’UE. Les investissements en capital fixe ont progressé de 6,2 % en 2024 et les investissements directs étrangers sont au rendez-vous, mais le chemin à parcourir reste long. Il faut de la continuité, pas des coups d’éclat. Plus encourageants encore, peut-être, que la reprise de la production industrielle, sont les messages que véhiculent l’innovation et les start-ups. 2025 a été une année charnière pour l’écosystème d’innovation grec. Plus de 732 millions d’euros ont été investis dans plus de 90 start-ups grecques, soit une hausse de 35 % par rapport à 2024 et un niveau jusqu’à 15 fois supérieur à celui de 2018. Ces données montrent que la Grèce ne s’appuie plus sur des succès isolés, mais sur un écosystème mature et en constante expansion.

La plupart des entreprises maintiennent leur siège social et leurs ressources humaines en Grèce, créant ainsi des emplois à forte valeur ajoutée et un savoir-faire exportable. Parallèlement, la participation croissante des investisseurs internationaux confirme que le secteur technologique grec a franchi les frontières. (…) Dans le même temps, l’Europe suit lentement mais sûrement l’exemple des États-Unis : elle réorganise ses chaînes d’approvisionnement et relocalise sa production. Ce processus, qui ne fait que commencer, représentera à la fois un défi majeur et une formidable opportunité pour la Grèce dans les années à venir.

Source : Liberal (Stoupas, 11/02/26), traduit du grec par nos soins.

 

 

BANQUE DE GRECE :

LES RECETTES TOURISTQUES DEVRAIENT ATTEINDRE 23,6 MILLIARDS D’EUROS EN 2025

 

Les recettes touristiques ont atteint 23,6 milliards d’euros en 2025, enregistrant une hausse de 9,4 % par rapport à l’année précédente. Le nombre de touristes ayant visité la Grèce s’est élevé à 38 millions (37,98 millions de voyageurs), soit une augmentation de 5,6 % par rapport à 2024.

Plus précisément, selon les données de la Banque de Grèce, le trafic aérien a progressé de 5,6 %, tandis que le trafic routier aux postes frontières a augmenté de 6,9 ​​%. Au cours de la période considérée, le trafic en provenance des pays de l’UE-27 a atteint 22,4 millions de voyageurs, soit une hausse de 2,8 % par rapport à 2024, tandis que le trafic en provenance des autres pays a progressé de 10,0 % pour atteindre 15,56 millions de voyageurs. Le trafic en provenance des pays de la zone euro a augmenté de 7,1 %, tandis que celui en provenance des pays de l’UE-27 hors zone euro a diminué de 5,7 %.

Plus précisément, le trafic touristique en provenance d’Allemagne a progressé de 10,2 % pour atteindre 5,9 millions de voyageurs, tandis que celui en provenance de France a reculé de 0,5 % à 1,98 million. Le trafic en provenance d’Italie a augmenté de 8,6 % pour s’établir à 2,2 millions de voyageurs. Parmi les autres pays, le trafic en provenance du Royaume-Uni a progressé de 7,6 % pour atteindre 4,9 millions de voyageurs. Le trafic en provenance des États-Unis a également progressé de 0,2 % pour s’établir à 1,55 million de voyageurs. Enfin, le trafic en provenance de Russie s’est élevé à 21 500 voyageurs.

Quant à la hausse des recettes, cette évolution s’explique par l’augmentation de 6,1 % des recettes provenant des résidents des 27 États membres de l’UE, soit 12,7 milliards d’euros, et de 14,7 % des recettes provenant des résidents des autres pays, soit 9,9 milliards d’euros. Plus précisément, les recettes provenant des résidents des pays de la zone euro se sont élevées à 9,9 milliards d’euros, soit une hausse de 4,0 %, tandis que celles provenant des résidents des pays de l’UE-27 hors zone euro ont progressé de 14,1 % pour atteindre 2,8 milliards d’euros.

En particulier, les recettes en provenance d’Allemagne ont enregistré une augmentation de 2,2 % pour s’établir à 3,8 milliards d’euros, tout comme celles en provenance de France, qui ont progressé de 5,9 % pour atteindre 1,33 milliard d’euros. Les recettes en provenance d’Italie ont également augmenté de 5,1 %, pour atteindre 1,28 milliard d’euros. Parmi les autres pays, les recettes en provenance du Royaume-Uni ont progressé de 18,5 % pour atteindre 3,8 milliards d’euros, tandis que celles en provenance des États-Unis ont augmenté de 8,5 % pour atteindre 1,7 milliard d’euros. Enfin, les recettes en provenance de Russie se sont élevées à 23,8 millions d’euros. En conséquence, la balance touristique affiche un excédent de 20,25 milliards d’euros, contre 18,8 milliards d’euros en 2024. Les recettes touristiques ont progressé de 2,033 milliards d’euros, soit 9,4 %, pour atteindre 23,626 milliards d’euros, tandis que les dépenses touristiques ont également augmenté de 565,5 millions d’euros, soit 20,2 %, pour s’établir à 3,4 milliards d’euros. Cette hausse des recettes touristiques s’explique par l’augmentation du trafic touristique entrant (+5,6 %) et des dépenses moyennes par voyage (+3,8 %). Les recettes nettes issues de la prestation de services touristiques ont compensé le déficit de la balance des biens à hauteur de 59,9 % et ont contribué à hauteur de 89,0 % aux recettes nettes totales des services.

 

Sources : APE-MPE, EuroNews.

Pour plus d’info :

https://www.amna.gr/mobile/article/972707/Tourism-revenues-rise-to-236-billion-euros-in-2025–Bank-of-Greece-says

https://www.euronews.com/travel/2026/02/24/record-arrivals-and-tourism-revenues-for-greece-in-2025

 

 

 

BUSINESS NEWS :

AVANCEMENT DE GRANDS DEALS ENERGETIQUES

 

Metlen : Bumble Bee – Nouveau projet hybride de 198 MW en Grande-Bretagne

METLEN continue d’accompagner la transition énergétique du Royaume-Uni en réalisant des projets d’énergies renouvelables intégrés, combinant production d’électricité propre, stockage par batteries et raccordement au réseau.

Le projet hybride Bumble Bee, que METLEN construit pour Cero Generation et Enso Energy, témoigne de l’engagement à long terme de l’entreprise en faveur d’un système énergétique résilient, à faibles émissions et sûr au Royaume-Uni. Situé dans le Nottinghamshire, ce projet associe un parc photovoltaïque de 78 MWc à un système de stockage d’énergie par batteries (BESS) de 120 MW, assurant ainsi une production d’électricité propre et la flexibilité requise par un système énergétique moderne.

Grâce à sa nature hybride, qui intègre production et stockage, Bumble Bee devrait contribuer à la stabilité du réseau, renforcer la sécurité énergétique et faciliter une plus grande intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique national. Par ailleurs, le projet comprend la construction d’infrastructures de raccordement essentielles au réseau au niveau du poste de transformation de West Burton (132 kV), près de Doncaster, à un moment où la disponibilité et la flexibilité du réseau constituent des enjeux majeurs pour la transition énergétique britannique. Une fois opérationnelle, la centrale Bumble Bee devrait produire suffisamment d’électricité renouvelable pour alimenter environ 12 300 foyers, tout en évitant l’émission de 13 141 tonnes de CO₂ par an.

Un plan de gestion environnementale dédié, visant à protéger et à valoriser la biodiversité locale, a été élaboré afin de garantir une transition énergétique responsable et respectueuse de l’environnement. Le début des travaux est imminent, marquant une nouvelle étape importante dans la collaboration entre METLEN et Cero Generation et renforçant le rôle croissant de l’entreprise dans la transition énergétique au Royaume-Uni.

TERNA s’associe à Ukrhydroenergo pour des projets d’infrastructures en Ukraine d’une valeur de 1,5 milliard d’euros en Ukraine

TERNA et Ukrhydroenergo ont signé vendredi 20 février à Kiev un document de confidentialité, faisant suite au protocole d’accord signé mi-novembre 2025 entre les deux entreprises. Ce protocole d’accord porte sur le développement et la mise en œuvre conjoints de grands projets hydroélectriques et de centrales de pompage-turbinage en Ukraine, pour un budget total d’environ 1,5 milliard d’euros. La signature de ce document de confidentialité permet à TERNA, filiale du groupe GEK TERNA, d’accéder à des données techniques, financières et opérationnelles essentielles relatives aux projets d’intérêt commun, en vue de leur développement et de leur maturation.

Pour rappel, l’accord conclu entre TERNA et Ukrhydroenergo porte sur le développement et la mise en œuvre conjoints de la centrale de pompage-turbinage du Dniestr (1 263 MW) et d’une nouvelle station de pompage de 220 MW. Il s’agit du premier accord de ce type entre un groupe d’infrastructures grec et européen dans le secteur énergétique ukrainien. GEK TERNA confirme son rôle de leader et de fournisseur d’infrastructures de premier plan en Europe du Sud-Est, forte d’une expertise reconnue internationalement. Les deux projets mentionnés ci-dessus, situés en Ukraine occidentale, seront initialement mis en œuvre dans le cadre du protocole d’accord. Parallèlement, les deux entreprises étudient d’autres opportunités dans le domaine des projets hydroélectriques et de stockage par pompage-turbinage en Ukraine.

Les infrastructures énergétiques essentielles que TERNA réalisera contribueront à la stabilisation du réseau électrique et à l’accélération de la transition énergétique ukrainienne. Elles devraient également bénéficier d’un soutien important de la part d’institutions financières internationales et européennes (BERD, BEI, etc.), notamment en matière d’assistance technique et réglementaire.

Shell et METLEN signent un accord historique de collaboration dans le domaine de l’approvisionnement et du négoce de GNL

Un protocole d’accord relatif à la fourniture et au négoce de gaz naturel liquéfié (GNL) a été signé hier à Washington par Shell et METLEN, a-t-on annoncé aujourd’hui. Aux termes de ce protocole d’accord, les deux entreprises fourniront et commercialiseront des quantités d’environ 0,5 à 1 milliard de mètres cubes par an pendant la période 2027-2031, avec livraison aux installations grecques de réception et de gazéification de Revithoussa et d’Alexandroupoli. L’utilisation du corridor gazier vertical est également envisagée pour accéder à d’autres marchés européens, en plus de ceux d’Europe du Sud-Est.

Shell, premier acheteur de GNL aux États-Unis, est bien placée pour répondre aux besoins croissants en gaz naturel grâce à son portefeuille mondial, ses capacités de transport avancées et sa vaste expertise du marché. Grâce à ce soutien, METLEN s’affirme davantage comme un acteur majeur du gaz naturel dans la région, renforçant la liquidité du marché et contribuant à la sécurité énergétique régionale et à l’émergence de la Grèce comme hub énergétique régional », souligne le communiqué. Comme le précise METLEN, ce protocole d’accord témoigne de la volonté des deux parties de développer conjointement des activités dans plusieurs pays européens, conformément à l’initiative du Corridor vertical du gaz naturel. L’accord a été signé à Washington par Panagiotis Kanellopoulos, directeur général de l’approvisionnement et du négoce international d’énergie de METLEN, et par Tom Summers, vice-président exécutif de Shell LNG. La présence de Stavros N. Papastavros, ministre grec de l’Environnement et de l’Énergie, de Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie, de Doug Burgum, président du Conseil national de la souveraineté énergétique et secrétaire à l’Intérieur, de Kimberly Guilfoyle, ambassadrice des États-Unis en Grèce, et de Colette Hirstius, présidente de Shell USA, Inc., a souligné l’importance de cette collaboration.

Hydrocarbures : « Bloc 2 » en mer Ionienne, phase II – Premier forage exploratoire après 40 ans

La Société hellénique de gestion des ressources en hydrocarbures et en énergie (EDEYEP) a annoncé jeudi 19 mars que le consortium Energean (opérateur), ExxonMobil et HELLENiQ ENERGY, co-locataire de la concession offshore « Bloc 2 » en mer Ionienne nord-ouest, a officiellement notifié la poursuite des travaux d’exploration dans la zone. Cette décision marque le début de la deuxième phase d’exploration de la concession, qui comprend également des forages exploratoires – une étape importante dans les efforts déployés par la Grèce pour accélérer le développement du secteur des hydrocarbures.

Le « Bloc 2 » avait initialement été attribué au consortium TotalEnergies, Edison International et Hellenic Petroleum. L’accord de location correspondant a été signé par la République hellénique le 31 octobre 2017 et ratifié par la loi 4525/2018, accordant les droits exclusifs d’exploration et de production d’hydrocarbures dans la zone. Suite à des modifications successives de la composition du consortium, ExxonMobil a annoncé en novembre 2025, lors du 6e Sommet de la Coopération énergétique transatlantique (P-TEC) à Athènes, son accord pour rejoindre le consortium Energean – HELLENiQ ENERGY.

ExxonMobil est officiellement entrée en fonction en tant que co-locataire le 10 mars, suite à la décision ministérielle approuvant le transfert des parts respectives d’Energean et de HELLENiQ ENERGY. Ayant rempli leurs obligations et évalué positivement le potentiel de la zone, les co-locataires du « Bloc 2 » ont notifié officiellement, le 13 mars 2026, la veille de la fin de la première phase d’exploration, leur intention de passer à la phase suivante. Cette seconde phase d’exploration comprend l’obligation de forer un puits d’exploration, dans le cadre du Programme de travail minimum.

 

Sources : Metlen, Gek Terna, APE-MPE, HEREMA.

Pour plus d’info :

https://www.metlen.com/news/company-news/metlen-expands-its-uk-footprint-with-a-198-mw-hybrid-solar-and-storage-project/

https://www.gekterna.com/press_release/signing-of-an-executive-confidentiality-agreement-between-terna-and-ukraines-ukrhydroenergo/

https://met.com/en/media/press-releases/met-group-and-shell-sign-mou-on-us-lng-cooperation/

https://herema.gr/block-2-offshore-concession-enters-second-exploration-phase-joint-venture-submitted-notice-for-continuation-of-operations-including-exploration-drilling/

 

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